Tu montes sur la balance le lundi matin, tu vois 300 grammes de plus que vendredi, et tu passes la journée à te demander ce que tu as raté. Réponse courte : rien. Le lundi est statistiquement le jour où tu pèses le plus lourd de la semaine, et le vendredi celui où tu pèses le moins. Ce n’est pas de la graisse qui va et vient en cinq jours. C’est de l’eau, du sel et du contenu digestif.

Le résumé en 1 min 30, si tu préfères écouter.

Le lundi le plus lourd, le vendredi le plus léger

L’étude européenne NoHoW, publiée dans PLOS ONE en 2020, a suivi 1 421 personnes qui se pesaient chez elles, en moyenne 220 fois sur 566 jours. Le résultat est net : le poids suit un cycle de sept jours. Il culmine le lundi, descend toute la semaine, atteint son point bas le vendredi, puis remonte pendant le week-end.

Une étude finlandaise plus ancienne, parue dans Obesity Facts en 2014, avait déjà trouvé le même rythme sur 80 adultes et 4 657 pesées : poids haut le dimanche et le lundi, baisse à partir du mardi, remontée à partir du samedi.

Le week-end n’a rien de mystérieux. On mange à des horaires différents, on mange plus salé, on boit plus, on bouge autrement. Lundi matin, la balance facture tout ça d’un coup.

0,35 % de ton poids, et pas un gramme de graisse

L’amplitude mesurée dans NoHoW est de 0,35 % du poids corporel. Sur 80 kilos, ça fait 280 grammes. Sur 70 kilos, 245 grammes. Les hommes oscillent un peu plus que les femmes : 0,41 % contre 0,29 %.

Pour stocker 280 grammes de graisse en deux jours, il faudrait avaler environ 2 500 kilocalories de plus que ce que tu dépenses. Un week-end copieux peut y arriver, mais pas chaque week-end de l’année, et sûrement pas en se reperdant tout seul le vendredi suivant. Ce qui monte et descend en quelques jours, c’est de l’eau.

Un litre bu, un kilo affiché dans la minute

Bouteille d'eau minérale versée dans un verre posé sur fond sombre

Un litre d’eau pèse un kilo. Bois une grande bouteille, remonte sur la balance, le chiffre a bougé d’un kilo. Tu n’as pas grossi d’un kilo : tu portes un kilo d’eau qui repartira dans la journée.

Le sel amplifie le phénomène, parce que le sodium retient l’eau dans les tissus. Un repas de restaurant, une pizza, un plateau de charcuterie, et la rétention se lit sur la balance le lendemain matin. C’est d’ailleurs un des effets les plus visibles de notre consommation de sel, très au-dessus des repères officiels.

Le glycogène retient trois fois son poids en eau

Riz, pâtes sèches et pommes de terre disposés côte à côte sur une toile de jute

Ton corps range les glucides sous forme de glycogène, dans le foie et les muscles. Un adulte en stocke autour de 500 grammes quand les réserves sont pleines. Et chaque gramme de glycogène est stocké avec environ trois grammes d’eau.

Fais le calcul : des réserves pleines, ce sont à peu près 1,5 kilo d’eau liée en plus qu’avec des réserves vides. Un week-end de pâtes, de pain et de dessert remplit ces réserves. Trois jours de repas plus légers les vident en partie. La balance suit, et elle suit vite.

C’est aussi pour ça que les premiers jours d’un changement alimentaire donnent souvent une chute spectaculaire, puis plus rien. La première chute était surtout de l’eau.

Ce que ça change quand tu calcules ton IMC

Un écart de 300 grammes ne déplace un IMC que d’un dixième de point pour quelqu’un d’un mètre soixante-quinze. Ça ne change pas de catégorie. Mais le raisonnement vaut pour les écarts plus gros.

La même étude a mesuré la période de Noël : +1,35 % du poids corporel en moyenne, soit environ 1,1 kilo. Là, l’IMC bouge de 0,36 point. Et deux mois après les fêtes, les participants restaient encore 0,35 % au-dessus de leur poids d’avant. La variation saisonnière, elle, tourne autour de 0,8 % sur l’année. On retrouve la mécanique de la prise de poids qui s’installe entre l’automne et le printemps.

Donc si tu veux un chiffre qui veut dire quelque chose, prends ton poids du même jour de la semaine, au même moment, et reporte-le dans le calculateur d’IMC. Un poids pris au hasard donne un IMC pris au hasard.

Comment se peser pour obtenir un chiffre utile

Trois règles suffisent.

Toujours le même jour

Choisis un jour et n’en bouge plus. Le vendredi et le samedi matin sont les plus flatteurs, le lundi le plus sévère. Peu importe lequel tu prends : ce qui compte, c’est de comparer des lundis à des lundis.

Toujours dans les mêmes conditions

Le matin, après le passage aux toilettes, avant de boire et de manger, sans vêtements. C’est le moment de la journée où les variables sont le moins nombreuses.

Regarde la moyenne, pas le chiffre

Une pesée isolée ne dit rien. Une moyenne sur sept jours comparée à la moyenne des sept jours précédents, ça dit quelque chose. Les auteurs finlandais notaient d’ailleurs que les gens qui encaissaient le mieux la remontée du week-end étaient ceux qui maintenaient ou perdaient du poids sur la durée. Voir le chiffre monter le lundi et ne pas paniquer fait partie de la méthode.

Si tu veux croiser ton poids avec ta dépense de repos, les autres outils du site sont sur la page des calculateurs.

À retenir

Cet article a une visée d’information générale. Il ne remplace pas un avis médical. Si ton poids varie fortement sans explication, si tu observes des gonflements persistants ou si tu suis un traitement, parles-en à ton médecin ou à un diététicien.

Sources : Turicchi et al., « Weekly, seasonal and holiday body weight fluctuation patterns among individuals engaged in a European multi-centre behavioural weight loss maintenance intervention », PLOS ONE, 2020 (étude NoHoW). Orsama et al., « Weight Rhythms: Weight Increases during Weekends and Decreases during Weekdays », Obesity Facts, 2014.