Le 29 octobre, c’est la Journée mondiale du psoriasis. Cette maladie de peau touche environ 2 % des Français, selon l’Inserm. Et ton poids pèse dans la balance : une grande étude génétique montre que chaque point d’IMC en plus augmente le risque de 9 %. Mais l’inverse n’est pas magique. Perdre du poids aide, sans effacer la maladie.

Le résumé en 1 min 19, si tu préfères écouter.

Le psoriasis, une maladie de tout le corps

Le psoriasis n’est pas une simple irritation. C’est une maladie inflammatoire chronique. La peau se renouvelle trop vite et forme des plaques rouges qui pèlent. Elle évolue par poussées.

Quelques repères de l’Inserm :

L’Inserm note aussi un risque cardiovasculaire plus élevé chez les personnes atteintes, en plus des facteurs classiques comme le surpoids ou le diabète. Le psoriasis ne se joue donc pas qu’en surface.

9 % de risque en plus par point d’IMC

On sait depuis longtemps que le psoriasis est plus fréquent chez les personnes en surpoids. Mais qui cause quoi ? La maladie pourrait aussi pousser à moins bouger et donc à grossir.

Pour trancher, une équipe britannique et norvégienne a utilisé une méthode maline, la randomisation mendélienne. Elle s’appuie sur 97 variantes génétiques liées à l’IMC. Ces gènes sont tirés au sort à la naissance : ils ne dépendent ni du mode de vie ni de la maladie.

Le résultat, publié en 2019 dans PLoS Medicine par Budu-Aggrey et ses collègues, porte sur plus de 750 000 personnes de la UK Biobank et de l’étude norvégienne HUNT. Un point d’IMC en plus augmente le risque de psoriasis de 9 %. Les auteurs concluent à un lien de cause à effet : c’est bien le poids qui pèse sur la peau, et pas seulement l’inverse.

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Deux femmes à vélo vues de dos sur un chemin de campagne bordé de fleurs, photo aux tons sépia

Perdre du poids aide, mais ne suffit pas

Si le poids aggrave le psoriasis, maigrir devrait l’améliorer. Deux essais tirés au sort ont testé l’idée. Leurs résultats sont plus nuancés qu’on l’imagine.

Au Danemark : 15 kg perdus, un effet à la limite

En 2013, une équipe de Copenhague a suivi 60 patients en surpoids, publiés dans JAMA Dermatology. La moitié a suivi un régime très bas en calories, sous contrôle hospitalier, pendant 8 semaines. Au bout de 16 semaines, ce groupe avait perdu 15,4 kg de plus que l’autre.

Et la peau ? Le score de sévérité du psoriasis a baissé de 2 points de plus, mais l’écart n’est pas statistiquement net. Ce qui a vraiment bougé, c’est la qualité de vie des patients, mieux notée de façon significative.

En Italie : la sévérité presque divisée par deux

En 2014, Naldi et ses collègues ont suivi 303 patients en surpoids ou obèses, dans le British Journal of Dermatology. Tous avaient un psoriasis modéré à sévère et prenaient déjà un traitement. La moitié a reçu un plan alimentaire et de l’activité physique pendant 20 semaines. L’autre moitié, de simples conseils.

Regarde le dernier chiffre. Même avec un suivi encadré, sept patients sur dix n’ont pas perdu 5 % de leur poids. Le bénéfice venait donc aussi de l’activité physique et de l’alimentation, pas seulement des kilos partis.

Salade grecque à la feta, tomates et olives, arrosée d'huile d'olive versée d'une petite cruche

Ce que ça change pour toi

Ces études racontent la même histoire. Le poids est un facteur de risque réel, mesuré, et causal. Mais le psoriasis reste une maladie qui se soigne avec un traitement. Bouger et manger mieux viennent en plus, jamais à la place.

Et souviens-toi du message de la Journée mondiale : le psoriasis n’est pas contagieux, et il n’est pas la faute de celui qui l’a.

Sources

Cet article informe, il ne remplace pas l’avis d’un médecin. Pour toute question sur ton traitement, consulte un dermatologue.