Un kilo de moins sur la balance, c’est environ 4 kg de moins sur ton genou à chaque pas. Le chiffre vient d’une étude de biomécanique de l’université Wake Forest, publiée en 2005. Il explique pourquoi le poids pèse autant dans l’arthrose du genou. Mais un grand essai de 2013 apporte une nuance : perdre du poids sans bouger soulage le genou mécaniquement, pas forcément la douleur. Dimanche 12 octobre, c’est la Journée mondiale de l’arthrite. Voici ce que disent les chiffres.

Le résumé en 1 min 18, si tu préfères écouter.

Pourquoi 1 kilo en vaut 4 pour le genou

Quand tu marches, ton genou ne porte pas seulement ton poids. Il encaisse aussi la force des muscles qui stabilisent la jambe, et l’élan de chaque pas. La charge réelle dépasse donc largement ce qu’affiche la balance.

L’équipe de Stephen Messier a filmé la marche de 142 adultes âgés en surpoids ou en obésité, tous atteints d’arthrose du genou (Arthritis & Rheumatism, 2005). Résultat : chaque kilo perdu réduisait la force de compression dans le genou de 40,6 newtons, soit l’équivalent d’environ 4 kg. Les auteurs résument : une unité de poids en moins, environ quatre unités de charge en moins à chaque pas.

Fais le calcul sur une journée. Avec 5 kg de moins, ton genou porte environ 20 kg de moins à chaque pas. Sur 1 000 pas, cela fait déjà 20 tonnes de charge en moins. Et une journée ordinaire en compte bien plus.

Personne âgée marchant avec deux bâtons sur un chemin de campagne, montagnes enneigées au loin

5 kg et un risque presque divisé par deux

La deuxième donnée vient de la célèbre étude de Framingham, aux États-Unis. Des chercheurs de l’université de Boston ont suivi 796 femmes (Annals of Internal Medicine, 1992). Celles qui avaient perdu au moins 2 points d’IMC en dix ans, soit environ 5,1 kg, avaient plus de deux fois moins de risque de développer une arthrose du genou avec symptômes. L’effet tenait aussi chez les femmes qui partaient d’un IMC de 25 ou plus.

Attention à ce que ce chiffre dit vraiment. C’est une étude d’observation, menée chez des femmes seulement. Elle montre une association forte, pas une preuve que chaque perte de 5 kg protège chaque genou. Pour situer ton propre IMC, nos calculateurs de poids idéal et d’IMC te donnent le chiffre en quelques secondes.

Le poids n’est pas seul en cause. Selon l’Inserm, l’arthrose touche 3 % des moins de 45 ans, mais 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans. L’âge reste le premier facteur. L’Inserm note aussi un détail qui intrigue : le surpoids augmente le risque d’arthrose des mains, qui ne portent pas le corps. Le tissu graisseux libère des substances qui entretiennent une inflammation de bas niveau. Le poids agit donc aussi par la chimie, pas seulement par la mécanique.

Maigrir sans bouger : le genou souffre moins, la douleur pas forcément

C’est la partie la plus surprenante. L’essai IDEA, toujours mené par Stephen Messier, a tiré au sort 454 adultes de 55 ans et plus, en surpoids ou en obésité, avec une arthrose du genou douloureuse (JAMA, 2013). Trois groupes pendant 18 mois :

Côté mécanique, le résultat suit le poids. Le groupe alimentation affichait une force de compression de 2 487 newtons dans le genou, contre 2 687 pour le groupe exercice. Un écart de 200 newtons, environ 20 kg à chaque pas.

Côté douleur, c’est une autre histoire. Sur une échelle de 0 à 20, le groupe qui combinait alimentation et exercice tombait à 3,6. Le groupe alimentation seule restait à 4,8, et le groupe exercice seul à 4,7. Autrement dit, perdre 9 kg sans bouger ne soulageait pas mieux que le sport sans perdre de poids. C’est l’association des deux qui faisait la différence, sur la douleur, sur la mobilité et sur la qualité de vie.

Nageur en bonnet blanc dans une piscine, entre deux lignes d'eau orange et rouges

Ce que ça change pour toi

Ces études ne fixent pas de cible universelle. Elles dessinent une logique simple :

Une douleur au genou qui dure, un gonflement ou un genou qui se bloque méritent un avis médical. Ton médecin traitant ou un rhumatologue pourra poser le diagnostic et t’orienter vers un kinésithérapeute si besoin. Cet article explique des résultats de recherche : il ne remplace pas une consultation.

Sources