Le 18 octobre, c’est la Journée mondiale de la ménopause. Et voici le chiffre qui la résume le mieux : sur 200 000 Françaises suivies par des balances connectées, le poids ne bouge que de 500 grammes entre l’avant et l’après ménopause. Pendant ce temps, l’indice de graisse viscérale, celle qui se loge autour des organes du ventre, grimpe de 71 %. Ta balance ne te ment pas. Elle ne regarde simplement pas au bon endroit.

Le résumé en 1 min 22, si tu préfères écouter.

La ménopause en deux repères

D’après l’Inserm, la ménopause correspond à l’arrêt des règles depuis plus d’un an, sans autre cause. Elle survient entre 45 et 55 ans, à 51 ans en moyenne en France. Les ovaires cessent de produire l’œstradiol, et cette hormone faisait plus que réguler les cycles.

L’Inserm rappelle qu’avant la ménopause, les œstrogènes orientent la graisse plutôt sous la taille, sur les hanches et les cuisses. C’est une répartition moins défavorable pour le cœur que celle des hommes, qui stockent davantage au niveau du ventre. Quand les œstrogènes baissent, cette protection s’efface.

Ce que montrent les données de 200 000 Françaises

Au printemps 2026, le fabricant de balances Withings a publié une analyse portant sur 2,5 millions de femmes dans 11 pays, dont 200 000 en France. Les mesures viennent de leurs appareils, à différents stades de la vie hormonale. Voici ce qui change en France entre le début et la fin du parcours :

Le paradoxe tient en une phrase. Les Françaises arrivent à la ménopause avec la composition corporelle la plus favorable du panel, et ce sont elles qui se recomposent le plus vite.

Deux précautions avant d’aller plus loin. C’est une analyse transversale : elle compare des femmes différentes à des âges différents, elle ne suit pas les mêmes personnes pendant vingt ans. Et elle est publiée par une marque qui vend des balances à impédance. Ces chiffres sont un signal sérieux, pas une étude clinique.

L’étude qui a suivi 1 246 femmes pendant la transition

Pour la mesure de référence, il faut regarder l’étude américaine SWAN. Gail Greendale et son équipe ont publié en 2019, dans JCI Insight, le suivi de 1 246 femmes dont la composition corporelle a été mesurée par absorptiométrie, l’examen le plus précis pour distinguer graisse et muscle. Elles avaient 47 ans en moyenne au départ, et leurs dernières règles sont arrivées vers 52 ans.

Ce qu’ils ont trouvé confirme le tableau, avec les mêmes personnes cette fois :

Le basculement commence environ deux ans avant les dernières règles et se calme un an et demi après. Une fenêtre d’à peu près trois ans et demi, pendant laquelle la balance reste calme alors que le corps se réorganise.

C’est ce qui explique un sentiment très répandu : « je n’ai pas grossi, mais mon ventre a changé ». Les données lui donnent raison.

Main qui saisit un haltère noir sur un rack d'haltères dans une salle de sport lumineuse

Pourquoi le muscle perdu compte autant

Le muscle n’est pas qu’une question de force. C’est un tissu qui dépense de l’énergie, même au repos. Quand sa part recule, ton métabolisme de base suit le mouvement. Pour savoir où tu en es, le calcul du métabolisme de base te donne un ordre de grandeur en quelques secondes.

Withings le dit d’ailleurs dans ses propres conclusions : la musculation préserve la masse musculaire d’une manière que le nombre de pas quotidiens ne capture pas. Les Françaises du panel marchent pourtant beaucoup, avec un pic au-dessus de 4 500 pas par jour en périménopause. Ce n’est pas suffisant pour garder le muscle.

Le même constat revient dans un autre contexte : quand on maigrit, le travail en résistance limite fortement ce que perdent les os. Muscle et os vieillissent mieux quand on leur demande un effort.

Ce que tu peux mesurer chez toi, sans appareil

La graisse viscérale ne se voit ni sur une balance classique ni sur l’IMC. L’indice de masse corporelle divise un poids par une taille au carré : il ne sait pas où se trouve la graisse. Si les kilos ne bougent pas, ton IMC non plus, même si ta silhouette change. On a détaillé pourquoi l’IMC se trompe sur 39 % des gens.

L’outil le plus simple coûte trois euros : un mètre ruban. L’agence de santé britannique NICE retient depuis 2022 un repère facile à retenir. Ton tour de taille devrait rester sous la moitié de ta taille. Pour 1,64 m, cela fait 82 cm. Mesure-le à mi-chemin entre la dernière côte et le haut de la hanche, après une expiration normale.

L’intérêt n’est pas le chiffre d’un jour. C’est son évolution d’une année sur l’autre, à poids égal. Tu peux compléter avec nos calculateurs : IMC et poids idéal selon plusieurs formules, pour obtenir une fourchette plutôt qu’un chiffre unique.

Bol de velouté de potiron avec un trait de crème, quartiers de potiron et feuilles d'automne autour

Et la tension, qu’on oublie

Le chiffre le plus inquiétant du rapport Withings n’est peut-être pas la graisse. C’est la tension : 8,8 mmHg de plus chez les Françaises, plus du double de la moyenne des onze pays. L’écart de tension entre femmes et hommes se réduit de 86 %. Les œstrogènes protégeaient aussi les artères, et cet avantage disparaît.

Or l’hypertension ne fait pas mal. Six millions de Français sont hypertendus sans le savoir. Une mesure en pharmacie ou chez ton médecin, autour de 50 ans, prend cinq minutes.

Ce qui relève de ton médecin

Bouffées de chaleur, sommeil, traitement hormonal, suivi cardiovasculaire : ces questions se discutent avec un médecin ou une sage-femme, au cas par cas. Le traitement hormonal de la ménopause a des indications et des contre-indications précises, et aucun article ne peut trancher à ta place.

Ce que les données disent, en revanche, est assez clair. À la ménopause, le chiffre de la balance est un mauvais témoin. Le tour de taille, la tension et ta capacité à porter une charge en disent davantage sur ce qui se passe à l’intérieur.

Sources : Inserm, dossier Ménopause ; Withings, communiqué « Leur poids n’a pas changé. Leur corps, si. », 2026 ; Greendale G. A. et al., « Changes in body composition and weight during the menopause transition », JCI Insight, 2019 ; NICE, recommandations sur le rapport tour de taille et taille, 2022 ; International Menopause Society, Journée mondiale de la ménopause du 18 octobre.