Dimanche 25 octobre, c’est la Journée mondiale des pâtes. Et les pâtes traînent une réputation tenace : elles feraient grossir, surtout le soir, et il faudrait passer aux complètes pour se donner bonne conscience. Les chiffres racontent autre chose. Dans les tables internationales de l’index glycémique, le spaghetti blanc affiche 49. Le pain blanc, 75. La pomme de terre bouillie, 78. Et le spaghetti complet ? 48. Un seul point d’écart.

Cette journée existe depuis 1995. Elle a été lancée à Rome lors du premier congrès mondial des pâtes, et elle est portée par l’organisation internationale des fabricants. Garde ça en tête : la fête vient de l’industrie. Les chiffres qui suivent, eux, viennent de la recherche, et on va voir qu’ils ne sont pas tous aussi flatteurs.

Pâtes crues en forme de nœud papillon posées sur un lit de spaghetti secs

Le résumé en 1 min 26, si tu préfères écouter.

Pourquoi les pâtes font moins monter le sucre que le pain

L’index glycémique mesure la vitesse à laquelle un aliment fait monter ton sucre dans le sang, comparé à du glucose pur, noté 100. Sous 55, on parle d’index bas. Au-dessus de 70, d’index élevé.

Les valeurs citées plus haut viennent des tables internationales publiées en 2008 dans la revue Diabetes Care par l’équipe de l’université de Sydney. Ce sont des moyennes de nombreux tests :

La différence tient à la fabrication. La pâte est faite de blé dur, pressée puis séchée. Le gluten forme un réseau serré qui enferme les grains d’amidon. Tes enzymes digestives y accèdent plus lentement que dans la mie aérée d’un pain. Le sucre arrive donc dans ton sang plus doucement.

La cuisson change la donne

Plus tu cuis tes pâtes, plus l’amidon gonfle d’eau et s’ouvre aux enzymes. Une pâte trop cuite, molle, se digère plus vite qu’une pâte al dente, encore ferme sous la dent. Respecter le temps indiqué sur le paquet, voire retirer une minute, garde l’avantage de la structure.

Et les complètes, alors ?

Pour la vitesse du sucre, elles ne font presque pas mieux : 48 contre 49. Leur vrai atout est ailleurs. Elles apportent plus de fibres, qui comptent pour le transit et la sensation d’être rassasié. C’est une bonne raison de les choisir. Ce n’est pas une raison de croire que les blanches sont un piège.

Les pâtes font-elles grossir ? Ce que dit la plus grosse synthèse

En 2018, une équipe de Toronto a publié dans BMJ Open une méta-analyse sur le sujet. Elle a rassemblé 32 comparaisons issues d’essais contrôlés, soit 2 448 participants, suivis en médiane 12 semaines. Les personnes mangeaient des pâtes dans le cadre d’une alimentation à index glycémique bas, environ 3,3 portions par semaine. On les comparait à des personnes dont l’alimentation avait un index plus élevé, autour de 62.

Résultat : pas de prise de poids. Au contraire, 0,63 kg de moins en moyenne dans le groupe pâtes, et un IMC en baisse de 0,26 point. Les auteurs jugent la certitude de ce résultat « modérée ».

Trois limites que les gros titres oublient

La conclusion honnête tient en une phrase : les pâtes ne sont pas l’ennemi qu’on décrit, mais aucune preuve ne permet de dire qu’elles font maigrir.

Main qui tient une poignée de spaghetti secs au-dessus d'une casserole d'eau sur le feu

Les pâtes de la veille, réchauffées : l’astuce qui circule

Tu l’as peut-être lu : des pâtes cuites, refroidies au frigo puis réchauffées feraient moins monter le sucre. L’idée repose sur un phénomène réel. En refroidissant, une partie de l’amidon se réorganise et devient de l’amidon résistant, que tu digères moins bien. Mais l’effet mesuré reste petit, et les études se contredisent.

Verdict : l’astuce ne fait pas de mal, et elle évite de jeter des restes. Mais 4 % de moins sur la glycémie d’un repas ne change pas ta balance.

Ce qui pèse vraiment dans ton assiette de pâtes

L’index glycémique dit à quelle vitesse le sucre arrive. Il ne dit rien de la quantité. Une grosse assiette de pâtes à index bas peut apporter bien plus d’énergie qu’une petite portion de pain. Trois choses comptent davantage que l’étiquette « complètes » :

Pour situer tes propres besoins, tu peux calculer ton métabolisme de base, l’énergie que ton corps dépense au repos. Et nos calculateurs d’IMC et de poids idéal te donnent un repère sur ta corpulence. Si tu veux comparer les pâtes aux autres féculents, notre liste des féculents fait le tour.

Si tu as un diabète ou une glycémie à surveiller, la place des pâtes dans tes repas se discute avec ton médecin ou un diététicien. Les moyennes des études ne remplacent pas un avis adapté à ta situation.

Sources