Boire un soda light au lieu de l’eau ne t’empêche pas de perdre du poids. C’est ce que conclut un essai britannique de deux ans sur 493 adultes en surpoids, paru dans le British Journal of Nutrition. Au bout de 104 semaines, le groupe soda light avait perdu 4,8 kg et le groupe eau 3,7 kg, un écart que les auteurs jugent non significatif. Deux détails changent pourtant la lecture : l’étude a été financée par l’association américaine des fabricants de boissons, et l’OMS déconseille toujours les édulcorants pour contrôler son poids.
Le résumé en 1 min 22, si tu préfères écouter.
Ce qu’a fait l’essai SWITCH
L’essai s’appelle SWITCH. Il a été mené par l’université de Liverpool et l’université de Leeds, sous la direction de Jo Harrold et Jason Halford. Les résultats sont parus le 4 août 2026, puis largement relayés dans la presse fin septembre et début octobre.
Les participants avaient un IMC compris entre 27 et 35, donc du surpoids à l’obésité modérée. Tous buvaient régulièrement des boissons froides. Le tirage au sort les a répartis en deux groupes :
- un groupe qui buvait au moins deux verres de 33 cl d’eau par jour ;
- un groupe qui buvait la même quantité de boissons sans sucre, édulcorées à l’aspartame, à l’acésulfame K ou au sucralose, dans les limites de sécurité fixées par l’autorité européenne EFSA.
Les deux groupes suivaient le même programme. Douze semaines de réunions hebdomadaires, puis des réunions mensuelles jusqu’à la fin de la première année. La seconde année, plus aucun accompagnement : chacun se débrouillait seul.

Les chiffres, phase par phase
Dans les deux groupes, la courbe a la même forme. La plus grosse perte arrive dans les douze premières semaines. Le poids le plus bas est atteint pendant la première année. Ensuite, une fois l’accompagnement arrêté, une partie des kilos revient.
Au bout des deux ans, le bilan est de 4,8 kg perdus en moyenne côté soda light, contre 3,7 kg côté eau. Selon les chercheurs, le groupe soda light a repris du poids un peu plus lentement. Dans les deux groupes, le tour de taille et le tour de hanches ont baissé, et la consommation de sucre aussi, un peu plus chez les buveurs de boissons édulcorées.
Le message des auteurs est clair. Pour Jo Harrold, les craintes d’édulcorants qui dérégleraient l’appétit ou feraient grossir « ne sont pas confirmées » quand on les teste dans un essai randomisé rigoureux sur le long terme.
Trois limites que les gros titres oublient
Plus de la moitié des participants sont partis
Sur les 493 personnes recrutées, 220 sont allées au bout des deux ans, soit 45 %. Ceux qui abandonnent un programme de perte de poids ne sont pas des gens au hasard. Les moyennes finales décrivent surtout ceux qui sont restés.
L’industrie a payé l’étude
L’essai a été financé par l’American Beverage Association, qui représente les fabricants de sodas. L’équipe précise avoir travaillé de façon indépendante et gardé la main sur l’analyse et la publication. Ça n’invalide pas le résultat. Ça veut dire qu’il faudra d’autres essais, financés autrement, pour le confirmer.
On compare le light à l’eau, pas au soda sucré
SWITCH répond à une seule question : à programme égal, est-ce que remplacer l’eau par une boisson édulcorée gêne la perte de poids ? Il ne dit rien du soda sucré, ni des effets à dix ou vingt ans, ni du risque de maladie. Deux ans de suivi, c’est long pour un essai, mais court pour une vie.

Pourquoi l’OMS dit l’inverse
En mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé de ne pas utiliser les édulcorants sans sucre pour contrôler son poids. Elle s’appuyait sur une revue de 283 études. Conclusion : pas de bénéfice durable sur la masse grasse, et un possible risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de décès chez l’adulte. L’OMS a elle-même qualifié cette recommandation de conditionnelle, car une bonne partie des données venait d’études d’observation, qui montrent un lien sans prouver une cause.
C’est précisément ce trou que SWITCH prétend combler. Un essai tiré au sort, c’est un niveau de preuve plus élevé qu’une observation. Mais un seul essai, financé par le secteur concerné et avec 55 % d’abandons, ne suffit pas à renverser une recommandation mondiale. Les deux messages peuvent d’ailleurs être vrais en même temps : le light ne fait pas grossir à court terme, et il ne fait pas maigrir non plus.
Ce que ça change pour toi
Si tu bois des sodas sucrés, passer à l’eau reste le choix le plus simple, et ça ne coûte rien. Si tu bois déjà du light, cet essai suggère que ce n’est pas lui qui bloque ta balance. Ce qui a fait perdre du poids aux 493 participants, dans les deux groupes, c’est le programme : des repères, un suivi, et du temps.
Pour savoir où tu te situes, commence par tes repères chiffrés. Nos calculateurs d’IMC et de poids idéal te donnent quatre formules en une minute, et le calcul du métabolisme de base t’indique ce que ton corps dépense au repos. Et si le goût sucré te tient, lis ce qu’un autre essai a observé en réduisant le sucré pendant six mois.
Si tu as un diabète, une maladie cardiovasculaire ou un projet de perte de poids important, parles-en à ton médecin ou à un diététicien avant de changer tes habitudes.
Sources : Harrold J. A. et al., essai SWITCH, British Journal of Nutrition, 2026 (136(4) : 482-493) ; communiqués de l’université de Liverpool et ScienceDaily, octobre 2026 ; Organisation mondiale de la santé, recommandation sur les édulcorants sans sucre, mai 2023.