Oui, arrêter de fumer fait prendre du poids. En moyenne 4,7 kg au bout d’un an, et la plus grosse part arrive dans les trois premiers mois. Mais cette moyenne cache des écarts énormes : un ex-fumeur sur six finit l’année plus léger qu’au départ. Et même avec les kilos, le risque cardiovasculaire est presque divisé par deux.

La campagne Mois sans tabac tourne depuis le 1er octobre. Si tu hésites à t’inscrire à cause de la balance, voici ce que disent les chiffres.

Le résumé en 1 min 16, si tu préfères écouter.

4,7 kg en un an : d’où vient ce chiffre

La référence, c’est une méta-analyse publiée dans le BMJ en 2012 par l’équipe d’Henri-Jean Aubin, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif. Elle rassemble 62 études. Toutes ont pesé des fumeurs qui ont vraiment tenu sans cigarette.

Chez ceux qui ont arrêté sans traitement, la prise de poids moyenne suit cette courbe :

Fais le calcul : environ 60 % des kilos de l’année sont déjà là au bout de trois mois. Ensuite, la courbe s’aplatit nettement.

Une moyenne qui ne ressemble à personne

Le détail le plus utile de l’étude est ailleurs. Les auteurs ont estimé la répartition des ex-fumeurs à douze mois :

Autrement dit, la moitié des gens restent sous les 5 kg ou maigrissent. Et un sur huit dépasse les 10 kg. La moyenne de 4,7 kg ne décrit presque personne.

Deux résultats surprennent. Les substituts nicotiniques, le bupropion et la varénicline donnent des prises de poids proches de l’arrêt sans aide. Et les fumeurs qui se disaient très inquiets pour leur poids n’ont pas pris moins que les autres.

Étal de marché avec des cagettes de pommes, poivrons, oranges, citrons verts et carottes

Pourquoi le poids monte

La nicotine coupe un peu l’appétit et pousse le corps à dépenser un peu plus d’énergie. Quand elle disparaît, ces deux effets s’arrêtent en même temps. Le goût et l’odorat reviennent aussi, et la nourriture devient plus agréable.

Il y a enfin le geste. La cigarette occupait les mains et la bouche plusieurs fois par jour. Le grignotage prend souvent cette place, surtout pendant les premières semaines.

Si tu veux savoir ce que ton corps dépense au repos, le calcul du métabolisme de base te donne un ordre de grandeur en deux minutes. C’est un repère, pas un objectif.

Les kilos pèsent moins lourd que la cigarette

C’est la question que tout le monde se pose : prendre 4 ou 5 kg ne gâche-t-il pas le bénéfice pour le cœur ? Une équipe de Boston a regardé de près. L’étude est parue dans JAMA en 2013. Elle suit 3 251 adultes de la cohorte américaine de Framingham pendant 25 ans en moyenne.

Chez les participants sans diabète, les résultats sont nets :

Après ajustement sur les autres facteurs de risque, les ex-fumeurs récents ont un risque réduit de 53 % par rapport aux fumeurs. Ils avaient pourtant pris 2,7 kg en médiane sur quatre ans. Et tenir compte de cette prise de poids ne change presque rien au résultat.

Chez les personnes diabétiques, la tendance va dans le même sens, mais l’écart n’est pas assez solide pour conclure.

Jeune femme en manteau à carreaux qui marche dans une allée de parc couverte de feuilles mortes

Mois sans tabac : les dates

Santé publique France diffuse sa campagne du 1er octobre au 1er novembre 2026. Le défi lui-même dure tout le mois de novembre, du 1er au 30. C’est la onzième édition. L’inscription se fait sur le site mois-sans-tabac.fr et l’accompagnement est gratuit.

Selon l’agence, essayer d’arrêter pendant l’opération double les chances d’être encore non-fumeur un an plus tard, par rapport à une tentative sans aide. Et tenir 30 jours multiplie par cinq les chances d’arrêter pour de bon. En 2024, 18,2 % des 18-75 ans fumaient encore chaque jour en France hexagonale, contre 28,6 % en 2014.

Le 39 89, la ligne de Tabac info service, met en relation avec un tabacologue sans frais.

Ce que tu peux suivre sans te faire peur

La balance n’est pas le seul chiffre qui bouge quand on arrête. Le pouls au repos en est un autre, et il ne demande qu’une montre : on a vu pourquoi un pouls à 80 au lieu de 60 compte autant.

Pour l’IMC et le poids de référence, nos calculateurs donnent un point de départ. Note-le avant le 1er novembre, puis compare sans t’affoler : quelques kilos en trois mois font partie du tableau décrit par les études.

Si la prise de poids t’inquiète, dis-le au tabacologue ou à ton médecin dès le premier rendez-vous. Ils peuvent adapter l’accompagnement à ta situation. Cet article explique des chiffres, il ne remplace pas un avis médical.

Sources : Aubin H.-J. et al., « Weight gain in smokers after quitting cigarettes: meta-analysis », BMJ, 2012 ; Clair C. et al., « Association of smoking cessation and weight change with cardiovascular disease among adults with and without diabetes », JAMA, 2013 ; Santé publique France, communiqué Mois sans tabac 2026 du 1er octobre 2026 et Baromètre de Santé publique France 2024.